Vous avez bien lu : le vélo philosophe, pas le vieux philosophe. Clotho ne tricote pas avec les mots.

Clotho a donc enfin repris son vélo, simple prétexte à vagabonder. Son vélo lui dicte des pensées qu'elle croit profondes et qu'il lui arrive de très vite oublier. Clotho aime aussi nommer les plantes du chemin. Nommer, c'est faire exister. Pas plus tard qu'hier, tandis que les convolvulus du talus ouvraient sur elle leurs grands yeux innocents qui n'égaleront jamais l'iris presque violet de la centaurée

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Clotho songeait à  la question de Louvegaroute : que signifie Clothogancho ? Et Clotho, en écho,  se disait : et pourquoi un pseudo ?

Des trois Parques, Clotho est la fileuse... elle ne décide pas du temps qui reste, elle ne coupe pas non plus le fil, elle, elle file, file, file... 

Gancho, en espagnol, c'est tout ce qui sert à accrocher. Le diminutif, ganchillo, désigne le crochet, c'est à dire l'outil, pas le résultat, qui se traduit par "labor de ganchillo" et, parce que le "fragnol" a gagné, par  "crochet", tout simplement, mais roulez bien le R et prononcez le T.

Clotho joue avec ce pseudo, ce mot-valise qu'elle a fabriqué et qui l'accroche à son fil. Vous la voyez la funambule ? Elle pense à ces personnages que Fernando Pessoa, le poète portugais, appelait ses hétéronymes, ces multiples et peut-être antagoniques soi-mêmes qu'on invente pour vivre plus de vies que les soeurs de Clotho, Lachesis et Atropos, ne nous en accorderont jamais.

Hier, elle était courte mais elle était belle ma balade...

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