De roc et d'écume, de ciel et de gris, on ne passe pas des jours à contempler l'insaisissable sans désirer en dire quelque chose...

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                                               (fusain - mine graphite)

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Avec des fils qui ne sont qu'un souffle (les cônes de Valérie, vous vous rappelez ?), ce souvenir d'estrans..

Et puis, pour les lectrices patientes et les contemplatives, un autre extrait d'Adèle... :

Elle rentrait fatiguée d’avoir marché sur des chemins côtiers. Elle rapportait une branche desséchée ou des plantes de sable. Elle observait la mer, ces pierreries de la grève sous le soleil rasant qui redeviennent pierraille dans le mitan du jour. Elle se rappelait le temps où d’insolentes marmailles construisaient sur le sable des métaphores guerrières : complexes forteresses flanquées de tours crénelées, fossés infranchissables qu’une langue redoutable noyait de tourbillons d’écume, panaches altiers perdus par les mouettes, et quelquefois, la trace de moments plus paisibles qui laissaient à l’artiste le temps de s’exprimer : frises de coquillages, allées de tamaris et parterres de fucus au thalle filamenteux. Cependant, plus souvent, comme les hommes se déchirent et s’éventrent sur des fronts invisibles, les enfants se battaient  pour de menus trésors, coquillages percés, pierres veinées de rose, monnaies de schiste étincelant dans la lumière du soir.

Les plages étaient désertes désormais et Adèle pouvait y ramasser les sardines échouées encore brillantes et fermes, serrées dans leurs écailles fines et qui seraient la récompense du jour. Dans son impiété, elle bénit ces jours, se roula habillée dans les premières vagues et dormit sans reproche sur le sable doré.            

  Adèle les chemins...

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