" Encore une fois elle est tombée dans le piège, telle une rombière oisive parfumée de Guerlain, et colle avec Bonnard son œil à la serrure. Elle frôle, elle se vautre aux douces tavelures, elle est de Marthe le ventre et de Bonnard la main, la bouche languissante dessinant les marbrures, l’obsession de ce corps sans cesse réinventé. Mais elle pourrait aussi n’être que cette fracture, ce fragment de carreaux à l’angle des baignoires, le radiateur en fonte, le miroir embué. Elle connaît tous les instants du regard indiscret, et elle les confond tous ; partout elle a voulu à même son épaisseur sentir le frémissement qui habitait le peintre, dérober ses points de vue, être de son espace. "

Muriel Daumal. La Paix d'Izri.

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(que la lumière est traître pour dire les nuances ! là, tout semble gris terne, quand les gris sont si beaux lorsqu'ils sont colorés !)

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Voici à quoi elle pense lorsqu'elle compose ses couleurs. Des fragments de carreaux. Partout. Sur la nappe, à l'angle des baignoires, sous les pieds des fauteuils, sur la blouse de Marthe...  Et lorsque Clotho était petite, elle peignait infiniment d'infimes mosaïques.

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