C'était il y a déjà quelques mois, certaines me l'avaient demandé, il se trouve que j'en ai fait une deuxième version, alors voici les explications du 3/4 en point de riz.

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TAILLE UNIQUE.

Fournitures :

14 pelotes de qualité sport de Bergère de France, coloris baleine.

14 pel. sport, BDF, coloris noir (pour cette version j'ai utilisé 700 gr de "laine de pays" naturellement marron, que j'ai teinte afin d'obtenir un ton dit tête de nègre).

Points employés :

Point de riz pour le corps et les manches. Point mousse pour le col, avec rangs raccourcis.

Aiguilles :

n°6, les deux fils sont tricotés ensemble.

Dos :

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Monter 100 mailles (environ 105 cm) et tricoter sur 70 cm au point de riz en diminuant une maille de chaque côté tous les 5 AR. Arrêter (NB : ces 70 cm se mesurent au milieu du dos) .

Devants :

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Monter 45 mailles, tricoter au point de riz en augmentant d'une maille sur un seul côté, à chaque AR, pendant 5 AR. Continuer tout droit sur 50 mailles, sur 35 cm. A 35 cm diminuer d'une mailledu même côté jusqu'à atteindre 70 cm de hauteur totale (à mesurer au niveau de ce que vous supposerez être le milieu de l'épaule).

Le point de riz étant parfaitement réversible, inutile de calculer le deuxième côté en vis-à-vis, vous pouvez faire la même chose.

Ne vous inquiétez pas de la différence de hauteur des côtés du dos qui sont légèrement en biais et donc plus longs et des devants : au moment du montage, vous réajusterez, il s'agit d'une grosse laine et d'un point très souple, aucun pli n'apparaîtra, au contraire, vos devants donneront de la tenue à votre dos dont les côtés ne plongeront pas en bec.

Manches :

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Monter 40 mailles. Tricoter au point de riz sur 40 cm (max, à mesurer par le milieu) en augmentant d'une maille de chaque côté tous les 5 AR. (Faire deux fois).

Col:

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Monter 8 mailles, tricoter au point mousse en augmentant d'une maille, d'un seul côté à chaque AR jusqu'à obtenir 24 mailles sur les aiguilles. Le côté où se font les augmentations est le bord extérieur du col. Continuer tout droit sur 18 AR. Puis, commencer la courbure avec rangs raccourcis en considérant que le début de l'ouvrage est à l'extérieur du col) : alterner 1AR retour complet, 1AR raccourci (tricoter 14 mailles et tourner en laissant en attente les 10 mailles qui forment la partie intérieure du col). Répéter ces deux rangs alternés 16 fois. Continuer tout droit sur toutes les mailles sur 18 AR, puis diminuer d'une maille sur le même côté qu'au départ, à chaque AR jusqu'à n'obtenir que 8 mailles. Arrêter.

Pli creux du dos et montage :

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Avant toute chose, former le pli creux du dos, la largeur du haut du dos ne doit plus mesurer que 70 cm. Coudre le pli sur quelques centimètres pour lui donner de la tenue et bien fixer la couture du haut, puis procéder au montage des épaules. L'encollure est très petite pour que la veste, qui est très lourde, ne parte pas dans tous les sens et ne tombe pas sur les épaules. Monter les manches.

Avant de coudre, faire coïncider le dessous des emmanchures et le bas de la veste, épingler devant et dos qui ne sont pas identiques puisque le dos est en biais et le devant est droit en étirant et en répartissant bien.

Le montage du col demande plus de précision. Ne pas oublier de faire la couture sur l'endroit afin qu'elle ne se voie pas. Repérer les rangs raccourcis : ils doivent coïncider avec la partie dos de l'encollure (étirer s'il le faut), épingler. Faire coïncider le bout du col avec la première diminution des devants, répartir, épingler, coudre.

C'est fini !

Sur cette version j'ai ajouté un bouton tenu par une bride. Attention à renforcer l'ouvrage à l'envers du bouton avec un autre bouton ou un petit cercle de feutrine ou comme je le fais, avec une pastille de crochet.

NB : parce que les photos sont prises au flash, elles ne restituent pas du tout la couleur réelle, il a fallu aussi que j'ajoute des hautes lumières pour que les détails ne se noient pas dans les ombres (le gris bleuté contraste de façon appuyée avec le tête de nègre et l'ensemble est soutenu).

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Et comme il restait encore des plantes sur le chemin, voici les dernières teintures de la saison.

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Le lichen est bien jaune d'or. Le coréopsis un peu plus orangé. Le troène plus verdâtre et le mélange arbousier + orcanette tout à fait kaki.

Ces petites popotes sont bien plus qu'une cuisine magique que je pourrais obtenir avec plus de certitude et plus d'éclat en utilisant des colorants alimentaires ou des teintures chimiques du commerce. C'est un art de vivre, une vraie philosophie du quotidien, un amour de la plante des chemins, plante que je guette, que je traque au détour des promenades et des saisons, que je me suis toujours efforcée de reconnaître et de nommer, dont j'observe l'habitat et redécouvre empiriquement ou par tradition les propriétés. Je l'ai dit maintes fois,  la "botanique à la papa" tout comme la "géographie à la papa" me fascinent, c'étaient encore des sciences humaines, inexactes certes, mais humaines, tellement humaines.

Prochainement je vous montrerai quelques autres "graines" réalisées avec des taffetas de soie teints par fermentation et par simple contact avec le végétal, c'est encore plus réjouissant.

Mais pour l'heure, la maison prend ses lumières d'hiver. Quand je pestais autrefois contre le désordre, l'étage où habitaient les filles est aujourd'hui désert et silencieux, trop bien rangé, même Bambou ne s'y installe plus... espérons qu'y résonnent bientôt et enfin des rires et des babils d'enfants !

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