En trois temps.

1 - Au débouché des chemins où s'emmêlent yeuses et lauriers-tins, lorsque s'ouvre à nouveau le regard sur la campagne gorgée de sèves, juste avant l'épuisante chaleur, d'émouvantes prairies surgissent éphémères. Ici, sans doute, Adonis rendit son dernier souffle. Ici Vénus fit renaître l'amant (cf Ovide, Métamorphoses, 710-735). Imaginez l'ivresse lorsque je vis ces champs !

                                                   an_moness

Ephémères aussi, poignantes et généreuses, elles ne donneront pourtant jamais de fruits :

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Aussi, des soirs et des soirs durant, tisser très humblement d'interminables côtes anglaises ("dur désir de durer") et puisqu'il fait à nouveau frisquet...

                                                    pull_rose_math

(18 pelotes de Lima rose poudré, et encore, ce n'est jamais assez grand !)

 

2 - Paradoxe du temps. Cesser de "faire vite", et faire dans la dentelle. Du long contre l'éphémère.

 Echarpe d'1m 70, crochet 1,5, deux fils de pur coton d'Egypte soyeux, couleurs lin et gris vert très pâle (à imaginer car aucune des images n'en approche). Point perso, sur l'inspiration du moment.

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3 - Penser aux nourritures terrestres.

 Deux autres filets à provisions avec petits détails raffinés, bien pratiques, à conserver toujours dans son sac, surtout les jours de marché :

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J'allais oublier une petite "coda".

Dans l'hibiscus fermenté, conservé tout l'hiver, deux écheveaux aux verts de gris très séduisants, mais dont l'un est si pâle qu'il est  vraiment peu photogénique :

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