A froid et par fermentation il est assez facile de teindre la soie, même non mordancée à l'alun. Le tout est d'avoir la patience de conserver et d'entretenir ses "potions" dont certaines ne sentent pas vraiment bon (l'iris est réellement nauséabond)...

L'iris est vert bronze, la pivoine beige rosé, le nerprun d'un très beau gris vert et le coquelicot gris bleuté, violacé. Les irrégularités sont volontaires, j'ai laissé certaines parties flotter en surface et ne s'imprégner que par capillarité : les "taches" sont donc bleues dans les deux cas du nerprun et du coquelicot.

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 Sur cette photo, la couleur virtuelle est beaucoup plus approchante de la couleur réelle.

 La magie opère davantage sur la soie que sur la laine qui devient grise (qualité : blue face leicester), même si les nuances sont perceptibles et assez justes sur le cliché. Par fermentation, on obtient des tons très soutenus, violacés, la couleur des cuves ne s'épuise pas aussi vite, il n'est en outre pas nécessaire de mordancer. Colonne de gauche : les décoctions, colonne de droite : les fermentations.

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J'ai travaillé quelques rouges à partir de la garance, dont certains ont été replongés dans de la bourdaine afin d'accentuer leur nuance orangée. Il est possible de teindre ou de surteindre des laines qui présentent un faible pourcentage d'acrylique, c'est le cas de deux des pelotes d'alpaga ci-dessous et à droite :

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Enfin, j'ai plongé du pur baby alpaga dans une décoction de nerprun, mais le joli ton verveine obtenu  (un vert pâle et jaunâtre) n'est absolument pas perceptible sur cette photo, ce qui n'est pas le cas du vert soutenu issu de la gaude et de l'indigo.

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Des écheveaux de soie sont en attente dans les cuves de fermentation et des fils arachnéens baignent dans la décoction d'achillées millefeuilles.  

 C'est le moment : à vos chaudrons !