2014-03-182

(soi/es et fil/le/s de soi/e,  panneau textile 50x20)

Pot pourri philosophique. Parce que "créer", même dans la "bricole", donne à penser. Je ne crée pas, je cherche, je balbutie.

 Traces, donc. Mystère des origines, angoisse de la disparition.

 Pour rationnaliser ses peurs, le deuxième XXème siècle invente la "traçabilité". Pour conjurer l'avenir où nous ne serons plus, la poussée de fièvre généalogique. Et l'oubli des dérives intolérables.

"Je suis". Notre langue manifeste au plus haut point l'obsession de la trace et fait le choix de confondre suivre et être.  Serait-ce que ce "je" de notre langue ne peut pas dire tout seul et de lui-même qu'il est mais seulement qu'il suit ? Ce serait modestie du maillon de la chaîne, du "je" qui se sait précédé par qui lui montre le chemin, du "je" qui s'inscrit dans la continuité et ne se trouve être que parce qu'un autre le confirme : "tu es". Du "je" qui aspire à être suivi par ce qu'il engendre et enfante. Mais au fond, qu'est-ce que cette chose "être" (une "copule") dont nous nous gargarisons à grand renfort de guillemets, de majuscules, d'italiques et de caractères gras quand elle n'existe même pas dans d'autre langue ?

Elucubrations.

Ce ne sont pas ces traces que je suis.

Empreintes, signes, bribes de sens. Langue des pierres, écriture des ruisseaux, vertigineuse Babel de branches et de broussailles. Blessures de la roche. Restes charriés, limons déposés, sillons éphémères, toisons finement accrochées aux épines des prunelliers, bribes, étoffes effilochées, traces donc.

2014-03-18

2014-03-184

DSCF5300

(soi/es et fil/le/s de soi/e)

Merci à celles qui n'enferment pas Clotho dans le "granny" et continuent à ... suivre et être là.