DSCF6096

 Depuis le début de cette année 2015, d'une violence insupportable, il ne se passe pas cinq jours sans que nous ne soyons touchés par un décès. C'est beaucoup. Je me sens absente avec les absents. Je reviendrai. Pour l'heure, laissons la parole aux poètes.

 

Je te parle du vent. De la menthe qui pousse. De l'immense

gris au-dessu de nos têtes. Je te parle des ronces

sous la pluie. Des jours qui nous dépassent. Des absents.

Je te parle des poussières. Des orages. Du temps

qui dégouline au fond du puits. Je te parle de la perte.

Je te parle des miettes. Des instants bienveillants.

Des cadeaux minuscules. Des cailloux dans la boue.

Des fourmis qui veulent vaincre. Je te parle du vide.

Des matins où tu rampes. De la peur des enfants.

Je te parle de ce que je vois pour dire ce que je ne vois pas.

Je te parle du trou. Du vertige de la chute. Du repos

sur le bord. Je te parle de cette façon de vivre comme

les plantes en courant après la lumière. Je te parle

des cendres. De ce que nous goûtons. De ce que

nous perdons. Des arrière-goûts. Des espérances.

Des découvertes. Je te parle de mes rêves.

De ce qui nous déploie. De ce qui nous recroqueville.

De la disparition. Je te parle de nous.

De ce que nous sommes. De ce qu'il nous reste.

Thomas Vinau. Nos cheveux blanchiront avec nos yeux.

Alma éditeur. 2011

Vous trouverez Thomas ici

(Les commentaires sont fermés)