clothogancho2

07 avril 2014

pour les petits pieds - para los piececitos

2014-04-071

Il gondole un peu parce que les deux derniers rangs sont plus épais, c'est rattrapable. Sans doute pas assez lourd, pas encore assez grand, dès que j'aurai rassemblé un peu de matière dans les mêmes tons je lui donnerai de l'extension, il est crocheté avec trois ou quatre fils de coton -pour la plupart récupérés d'ouvrages détricotés- et autour d'un fil de lin marine. Ce lin (qui fut pull) n'avait pas une belle tenue une fois travaillé, il a servi à renforcer le tapis en courant sous chaque maille.

2014-04-07

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01 avril 2014

orties - ortigas

"Les Kamtschatkales n'auraient pu vivre sans l'ortie dont ils faisaient leurs filets de pêche, leurs cordages, le fil dont ils cousaient leurs vêtements." Pierre Lieutaghi. Le livre des bonnes herbes.

 Crochetée, l'ortie. Baleines (!) en mélèze.

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2014-03-24

Tricotée, l'ortie.

Avec appliqué de papier journal brodé de fils de soie puis détrempé. Effet croûte de vase sur étang desséché...

2014-03-31

 Saison des nasses, saison des nids. Les plus belles "installations d'art brut" sont dans la nature, les crues de la Durance sont inimitables (voir l'album "inspirations"!

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Petit "édit " du matin, il ne s'agit pas d'un poisson. L'ortie exotique vous la connaissez sous le nom de ramie, mais nos orties donnaient aussi des fibres après rouïssage comme pour le chanvre. Voici où vous pouvez vous en procurer : namastesathi7@aol.com

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22 mars 2014

traces - huellas

2014-03-182

(soi/es et fil/le/s de soi/e,  panneau textile 50x20)

Pot pourri philosophique. Parce que "créer", même dans la "bricole", donne à penser. Je ne crée pas, je cherche, je balbutie.

 Traces, donc. Mystère des origines, angoisse de la disparition.

 Pour rationnaliser ses peurs, le deuxième XXème siècle invente la "traçabilité". Pour conjurer l'avenir où nous ne serons plus, la poussée de fièvre généalogique. Et l'oubli des dérives intolérables.

"Je suis". Notre langue manifeste au plus haut point l'obsession de la trace et fait le choix de confondre suivre et être.  Serait-ce que ce "je" de notre langue ne peut pas dire tout seul et de lui-même qu'il est mais seulement qu'il suit ? Ce serait modestie du maillon de la chaîne, du "je" qui se sait précédé par qui lui montre le chemin, du "je" qui s'inscrit dans la continuité et ne se trouve être que parce qu'un autre le confirme : "tu es". Du "je" qui aspire à être suivi par ce qu'il engendre et enfante. Mais au fond, qu'est-ce que cette chose "être" (une "copule") dont nous nous gargarisons à grand renfort de guillemets, de majuscules, d'italiques et de caractères gras quand elle n'existe même pas dans d'autre langue ?

Elucubrations.

Ce ne sont pas ces traces que je suis.

Empreintes, signes, bribes de sens. Langue des pierres, écriture des ruisseaux, vertigineuse Babel de branches et de broussailles. Blessures de la roche. Restes charriés, limons déposés, sillons éphémères, toisons finement accrochées aux épines des prunelliers, bribes, étoffes effilochées, traces donc.

2014-03-18

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(soi/es et fil/le/s de soi/e)

Merci à celles qui n'enferment pas Clotho dans le "granny" et continuent à ... suivre et être là.

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16 mars 2014

lambeaux et parures - adornos y jirones

 Allez, aujourd'hui, on va faire un peu dans le "savant" et le "perso", ne vous effrayez pas.

2014-03-051

(soies trempées dans des fins de pots de fermentation)

Lorsque j'étais enfant, nous brodions à l'école, nous brodions le jeudi, nous brodions pendant les vacances, nous tricotions, nous enrubannions avec du raphia les boîtes de camembert, nous préparions des couronnes de fleurs etc. etc., vous êtes quelques-unes à avoir connu cela et vous avez sûrement gardé vos marquoirs et vos canevas, vos coutures anglaises ou rabattues, vos points d'épine, de tige ou de noeud, ce qui n'est pas mon cas. Je ne sais pas si j'aimais ça, mais c'était comme ça, nous n'avions pas le choix.

Les soeurs à cornettes qui firent un peu de mon éducation, parlaient de "brillanté d'Alger" ou de "soie floche". Très vite, par simple homophonie, les soies sont devenues pour moi "effilochées", surtout celles dites d'Alger. Telle ma mémoire déchirée.

  La soie fait donc partie de mon très vieil imaginaire. Parure frappée d'interdit pour les juifs du Moyen-Âge selon plusieurs lois somptuaires des royaumes d'Espagne, elle se superposait à ces visions de reliquaires, d'habits sacerdotaux recouvrant, élimés, certaines momies d'évêques dans ces châsses de verre qui m'avaient tant marquées enfant. La splendeur et l'effroi. Le sublime et l'interdit. L'obscène et la beauté.

 En 1986, des recherches sur ce qu'il est convenu d'appeler "l'Espagne des trois cultures"(pas si "conviviale" que le veut un certain mythe angélique) me conduisent à étudier les pogroms anti-juifs de 1391, pogroms menés par un mouvement venu du sud de la France, mouvement dit des "pastoureaux".  Pour des raisons abolument non historiques se greffe alors à ces études la mémoire toujours enchantée d'un lieu où je me suis rendue souvent -un sobre petit sanctuaire pré-roman-, encore très isolé dans les années 70 des routes touristiques et autres actuels chemins de Saint-Jacques. Une sorte de rencontre poétique s'opère alors entre l'image du sanctuaire que je garde en moi et les massacres perpétrés par les pastoureaux. Cela m'inspire une nouvelle, "Marie des Vignes", du nom du sanctuaire : santa María de las Viñas. Ce nom de Marie étant déjà tout un programme... combien de synagogues ou de mosquées furent rebaptisées "sainte Marie quelque chose", telle la célèbre santa Maria la Blanca de Tolède !

 C'est cette nouvelle, je crois, qui irrigue encore ma pensée lorsque je me mets à travailler les soies teintes dans mes pots de plantes, ces voiles déchirés, ces reliquats  du rideau de la chambre nuptiale de ma grand-mère, et ces toiles grossières.

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2014-03-15

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(taille de ces panneaux textiles : 50cm x 26cm)

 Moi, j’ai aimé Marie des Vignes jusqu’à vouloir pour elle et le Ciel et l’Enfer, et j’ai raclé mes ongles de ne pas avoir pour elle l’habit de gloire qui la sanctifierait. Je mourrai misérable parmi les misérables, et je n’aurai de mots que pour elle, la première, jusqu’à ma dernière heure.

(…)

 Ni à Berbastre, ni dans tout le royaume il n’y eut femme juive qui portât le voile, et Marie se rendait en cheveux sur le plateau de l’Escalade pour y soigner les vignes de sa mère. Aujourd’hui, cependant qu’interdiction nous est renouvelée de boire ou d’acheter le vin des juifs, il m’est doux de penser que j’ai bu à la coupe que Marie me tendait, et que j’ai vu ses mains tailler les vignes du plateau, sur l’ancienne voie quintaine. Et pourtant de Marie, la plus belle des femmes, fille de Jérusalem, je chanterai l’amour plus que le vin, de Marie mon aimée au teint brûlé par le soleil de l’Orimont, pour laquelle j’ai voulu l’or et la soie que nos seigneurs lui refusaient, je redirai l’amour fort comme la mort, les yeux plus doux que les colombes et cette voix que j’ai cherchée par toutes les rues et toutes les places quand le Pastour et sa racaille sont entrés à Berbastre.

(…)

A force d’observer l’histoire je vois que rien de tout ce qui est « autre » ne peut être sacré. Nous avons si souvent renversé des idoles, brûlé des phylactères auxquels nous ne comprenions rien…nous serons nous aussi les barbares d’un "autre". Cette pensée, pourtant facile, me terrifie souvent. (...)

Comme Marie n’abjurait pas, vingt gueux armés de croix l’ont frappée sur la dalle, sous les rinceaux de vignes du linteau.

  Cette nuit-là, j’ai déplacé les pierres et j’ai gratté la terre de mes ongles pour donner à Marie sa sépulture à l’angle exact où la lumière a décidé de l’emplacement de la châsse.

 J’ai attendu vingt ans et voici l’heure. Paix, paix sur ces terres car tout est consommé. Car moi, prieur de Corbara, de la famille vieille des Inhieste, moi, j’ai aimé la juive jusqu’à voler pour elle l’habit de soie que nos seigneurs lui refusaient.

 Muriel Daumal. Marie des Vignes, extraits. 1986

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12 mars 2014

chanvre à histoires - si hablara el cáñamo

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"Le dernier tisserand de Minot meurt célibataire en 1909, il se pend. Et pour la génération qui se marie en 1910, l'âge du chanvre est un âge révolu."

Façons de dire, façons de faire. La laveuse, la couturière, la cuisinière. Yvonne Verdier. Gallimard, bibl. des sciences humaines, 1979.

Ce chanvre est un cadeau.

Lui aussi a une histoire, que j'espère moins tragique. Dans la famille de Claudia, on était "tisseur", c'était ainsi que l'on disait non loin de Castellane et des pays du Haut-Verdon. "Il a au moins deux siècles" m'a dit Claudia.

  Profondément émue, j'hésitais entre conserver la pelote en l'état ou la transformer. Et j'ai choisi le compromis : garder un peu de ce fil enroulé si serré afin d'imaginer encore les mains de ceux et celles qui semèrent, récoltèrent, rouirent, filèrent et enroulèrent, et transformer.

 Tout aussi émue par l'écriture que les mélèzes dénudés tracent sur les paysages de neige, le projet s'est imposé à moi. Cela devait être léger, cela devait être une empreinte, cela devait contenir, cela devait être la signature de l'invisible...

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Cela devait me faire méditer longtemps, longtemps, longtemps...

2014-03-05

 

 

 

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06 mars 2014

juste en s'y mettant - se hace camino al andar

 Aller au plus simple, "au pif", du haut vers le bas et sur aiguilles circulaires, en ménageant quelques rangs raccourcis pour l'encolure. Faire ses propres semis pour enrichir la couleur, ne pas se casser la tête pour le jacquard, mais bien croiser les fils tout de même... Et puis, les pulls, moi je les aime très amples et un tout petit peu longs.

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les laines : artisanales, toutes. Pour certaines teintes naturellement, pour d'autres filées à la main. Un peu de "flowerbed" sur les manches.

Des cadeaux : Binoo, si tu es encore là, les deux magnifiques écheveaux offerts il y a très longtemps pour une "robe couleur du temps". Potiron, un peu de ta laine de pays, trempée dans différents jus, des fins de bain (lilas subtil et vert amande). Barjolaine, du yack très doux tricoté avec le lilas.

Et puis cette soie sauvage, irrégulière, increvable, filée par une femme de la Drôme qui "éduquait" les vers à soie. Elle fut tout d'abord transformée en un pull que j'ai porté des années, puis détricotée sans jamais casser, à peine un peu décolorée mais c'est cela qui a du charme.

Et ce mohair et soie aux tons flammés, plus beau que toutes les laines japonaises en vogue. Il venait d'une ancienne filature alsacienne, je l'avais trouvé tout près de l'Odéon, il y a plus de trente ans, dans une petite boutique qui a fermé ses portes, tout comme la filature... j'en avais fait des "snoods" sans même savoir comment s'appelait ce truc qui m'avait paru plus pratique qu'une écharpe qui me réserverait à coup sûr le sort d'Isadora Duncan... (allez, cherchez !)

DSCF5235Et puisque je ne comprends rien au retardateur, je fais ce que je peux !

2014-03-06

 

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02 mars 2014

éclat d'hiver - fulgores de invierno

2014-03-02

L'hiver n'est pas sans ressources. Lichens et cônes en tous genres sont de bons colorants dits "substantifs", c'est-à-dire qui  ne nécessitent aucun mordançage de la laine, il suffit de les utiliser en décoction. Certes, on reste dans une gamme de beiges, de jaunes, pâles ou vifs, mais toujours subtils et qui s'accorderont à merveille avec les bleus, les gris et les violets qui viendront plus tard.

 Une dizaine d'écheveaux, mieux qu'un cliché pour rappeler les montées en raquettes, les cols inaccessibles et les estives désertées. Le chalet sentait bon le bois de mélèze et les couches de bêtes, la trace des chevreuils et les griffes du loup...

De plus près :

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 Il se prépare aussi des choses pour de prochains hivers...

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Et des images de passants sous la fenêtre traversent la rétine, légères comme des empreintes...

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27 février 2014

jouer avec Laurence - jugar con Laurencia

Laurence, c'est ce bonheur des yeux, cette joie de la couleur qui met comme un sourire dans les ouvrages !

Il vous reste encore quelques jours pour tenter votre chance !

laurence

allez-y, tout est expliqué sur son blog !

(commentaires fermés)

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23 février 2014

" elle est zolie mamita ! c'est pour moi ?" - es bonica, mamita, ¿es para mí?

 Non, elle n'était pas pour lui... mais comment résister au charme de son sourire et de sa petite voix ? ses mains caressent les boules dont l'élasticité et la douceur ont un effet relaxant, il s'allonge et cherche à se couvrir, il ne dit pas que ça pique... "Elle est zolie, mamita !". Alors voilà, cette petite couverture en laine mérinos, qui ne lui était pas destinée, très moelleuse, très confortable, elle est pour lui puisqu'il l'a adoptée. Evidemment, pour la photo, si j'avais été pro, j'aurais mis une petite chose rose tyrien ou indien, histoire de faire ressortir les bleus gris et les beiges...

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Le point : sur une chaînette, rang 1 : 1ms, [2 doubles brides ds la même maille et fermées ensemble, 1ms], répéter... rang 2 : tout en ms. Rang 3: on décale le point, 2ms, [2 dbles br ds la même maille et fermées ensemble, 1ms], etc.

Et l'envers (back side) est aussi très beau, bien texturé :

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 Les teintures d'hiver par fermentation ne prennent pas bien, elle s'envolent au rinçage, mais finalement j'aime ces tons fanés (non retouchés), je crois qu'ils vont me donner des idées...

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16 février 2014

prendre des fleurs dans un filet (explic) - cazar flores como mariposas

 

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Rien de plus simple si l'on songe que le filet n'est pas fait d'un seul tenant mais qu'il s'agit de carrés assemblés.

Préparer les fleurs

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Sur une base de carré grand-mère (cercle magique, [3ml, 2br], 2ml, 3br, 2ml, 3br, 2ml, 3br, 1ml, 1mc pour fermer), monter les pétales, en veillant à avoir un multiple de 4 :

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pour le filet

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Le principe est le même aux rangs suivants : on passe au rang supérieur à partir d'un angle, 9ml (valant en fait pour 1br et 6ml, et on fait les angles non pas en fermant les arceaux par des ms mais par des br.

Les carrés de mes étoles ont 9 arceaux + un angle à chaque bout. Le premier carré est donc crocheté entièrement. Pour avoir l'illusion d'un filet ininterrompu, il faut joindre en cours d'ouvrage. Le deuxième carré doit donc être crocheté jusqu'à la première bride de l'angle du début du quatrième côté (vous suivez ?). On commence à joindre par le sommet des angles, tout simplement. 

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Pour les autres arceaux : 3ml, prendre l'arceau du carré à joindre avant de faire le jeté et ramener une boucle (=1ml) 2ml, 1ms.

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Voilà, cela ne se voit pas. Bien faire coincider les angles... donc ne pas se tromper dans le nombre d'arceaux (pour en avoir 9 plus les angles, j'ai 9 rangs, c'est donc au cours de ce neuvième rang qu'il faut veiller à faire les raccords).

Les étoles que j'ai montrées se composent de 25 carrés qui montent très vite, c'est l'avantage du filet.

Toutes sortes de fleurs peuvent se prêter à l'exercice pourvu d'avoir sur le tour de ml qui les enserre un multiple de 4 qui facilitera l'emplacement des angles.

Et puis, comme toute la nature semble frémissante, les petites fleurs rouges me font de l'oeil, en voilà sur quelques zokins encore !

2014-02-16

 

 

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