P'tite Soeur pourrait vous le dire, j'ai toujours été mauvaise joueuse, boudeuse,emmerdeuse. Je suis aussi devenue avare de mon temps c'est pourquoi, en principe,  je décline, poliment je l'espère, "tags", "anniblogs" et autres réjouissances, tous mots dont j'ignorais d'ailleurs le sens il y a peu.

Cette fois, le petit "tag" qui circule sur le net peut renseigner sur les pratiques de chacune en matière de tricot et en décomplexer plus d'une. C'est FIFANE qui me l'a proposé, mais je dois dire que si j'ai beaucoup tricoté par le passé, je ne le fais plus aujourd'hui que très occasionnellement et très très modestement.

1) Êtes vous toujours satisfaite du résultat de votre tricotage ?

Non, mais je me rends compte assez vite que je ne vais pas obtenir le rendu que j'espère. Si cela ne me plaît pas je n'insiste pas : je défais ou je laisse dormir. Si le tricot dort trop longtemps c'est qu'il ne m'inspire absolument plus, il deviendra alors autre chose, je récupère la laine et je la stocke pour plus tard.

2) Etes vous parfois déçue au point de vouloir tout détricoter et refaire un autre modèle ? Pourquoi ? Est ce la couleur ? La laine ? La réalisation ? Trop petit ? Trop grand ?

C'est là que l'esprit Clotho fausse le jeu : je ne suis jamais aucun modèle. J'ai seulement des sources d'inspiration mais c'est aussi parce que mes envies en tricot sont toujours très très simples, élémentaires, basiques, bref, du genre "tricot pour les nulles". Je sais aussi que le temps de réalisation peut modifier ma perception des couleurs, des formes et mes propres désirs. Donc, je détricote et garde la laine pour autre chose. En général je travaille pour des "corps" que je connais bien, et j'élabore le modèle au fur et à mesure, donc je n'ai pas vraiment de problèmes de taille (si : en ce moment, avec la longueur de bras de mon petit-fils !!!). Ce que je peux rencontrer comme difficulté quand je pars ainsi à l'aventure, c'est le centrage d'un motif, ou le calcul d'un décolleté, d'une encolure ou le nombre de boutonnières...

3) Portez vous toujours vos ouvrages ou finissent ils parfois au fond du placard, et dans ce cas pourquoi ? Comment évoluent ils au fil du port, au fil des lavages ?

Je ne tricote que si cela doit être porté par moi ou par les autres. C'est vraiment ma règle d'or. Ce qui se trouve dans mon placard semble parfois oublié parce que je garde très longtemps mes tricots et ils ne s'abîment pas beaucoup, un seul de mes gilets s'est mis à boulocher rapidement...

 Quelques pulls sont démodés : emmanchures trop larges et trop droites des années 80  par exemple, plus difficiles à rectifier qu'un bord en côtes où il est facile de tirer un  fil et de "rajeunir". Je les garde pour les porter à la maison, au jardin, en rando... J'ai des collections de "cowls" et de "snoods" qui remontent à un temps où ces mots-là et peut-être même ces choses-là n'avaient pas cours, je les porte encore chaque hiver (notamment des mohair et soie délicieux), c'est pourquoi vous n'en voyez pas sur mon blog : je n'en fais plus, ma collection est suffisante (et comme je suis maniaque des petits carrés au crochet, facile de m'en passer...)

4) Faites vous toujours un échantillon ?

Pas tout à fait dans les règles de l'art, mais je tricote quand même quelques rangs sur une vingtaine de mailles pour juger de l'effet de la laine et tester le point et surtout pour calculer mon montage initial. S'il s'agit d'un point fantaisie sur une grille importante ou d'un jacquard plus compliqué, je teste le motif. Cela ne m'empêche pas de me tromper en cours de route... à vrai dire je n'ai plus le temps ni la mémoire suffisante pour des choses élaborées.

5) Finalement, optez vous pour certaines laines dont vous commencez à connaitre le comportement afin d'éviter les mauvaises surprises ?

Non, je peux tricoter n'importe quoi, tout essayer et pas toujours du rebut ou de la récup qui, au demeurant,  peut très bien être de la récup de matière neuve, et si je ne cite pas les marques, sans doute avez-vous compris qu'il s'agit d'un choix personnel. Quand je travaillais en région parisienne j'ai beaucoup fréquenté la Droguerie à ses débuts, Anny Blatt et des filatures de l'Est qui avaient ouvert une chouette petite boutique près du Panthéon, j'ai aussi beaucoup fureté dans les filatures italiennes (toujours une place dans mon sac à dos, quitte à jeter une paire de vieilles baskets pour faire de la place) ou celles de province profonde, quand elles existaient encore.

C'est justement l'échantillon qui me sert à voir le comportement de la matière une fois travaillée et c'est cela qui conduit peu à peu  l'idée du tricot que je vais réaliser.



Il y a des tricoteuses beaucoup plus chevronnées et qui voudront peut-être répondre à ces questions :

                                     CLEONIS

ENTRE LES MAILLES

SIX POISSONS

BULLES DE NATH

et pour parler de vieux machins dans les placards... :

jacquard